le blog d'Emmanuel Maurel

actualités, politique, littérature, culture

27 septembre 2009

Université de rentrée d'Un monde d'avance


La bataille des idées

Atelier animé par Emmanuel Maurel avec Caroline Fourest, Gérard Contremoulin, Pascal Binczak, Aquilino Morelle

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30 août 2009

Universités d'été du Parti socialiste, la Rochelle 2009


Séance d'ouverture : Emmanuel Maurel

envoyé par PartiSocialiste. - L'info internationale vidéo.


Séance de cloture :  Emmanuel Maurel

envoyé par PartiSocialiste. - L'info internationale vidéo.

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26 août 2009

A contre courant

Paru dans Mediapart, dans l'édition Socialisme Hors les murs

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08 juin 2009

Littérature (et cinéma) : ouvrier(e)s, le retour ?

Grandeur et décadence cu roman social. Paru dans La revue socialiste, avril 2009.

Nous sommes à la fin du premier XIXème siècle. La France devient industrielle et capitaliste, la bourgeoisie s’enrichit et prend le pouvoir. Par réaction, des idéologies fleurissent (les socialistes utopiques, puis le marxisme), des enquêtes sociales paraissent (Villermé), une littérature prend naissance. Lire_la_suite

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04 juin 2008

sans foi ni loi

Il fut un temps où la droite fustigeait l'inflation législative. Depuis l'arrivée de Sarkozy au pouvoir, la saturation est proche. Le président dégaine les projets de loi à une cadence vertigineuse. Un moment d'inattention et hop, vous êtes largués. C'est peut-être d'ailleurs l'objectif : multiplier les textes pour user et tromper la vigilance des parlementaires. Ouvrir des fronts dans tous les domaines. Enfoncer des coins.

Pour participer à cette entreprise, Xavier Bertrand est le gars idéal. Ce type n'a pas son pareil pour dire des horreurs avec un sourire mielleux. Tout son savoir faire de vendeur obséquieux est mis au service de la régression sociale. Le dernier exemple en date, c'est l'avant projet de loi sur la démocratie sociale.

Au départ, il y a un accord signé entre le patronat et les deux principales centrales syndicales (CFDT et CGT). En faisant reposer la représentativité des syndicats sur leur audience aux élections professionnelles d’entreprise, ce texte apporte un début de réponse à une revendication ancienne des  syndicats (et, accessoirement, de la gauche) : fonder la validation des accords collectifs sur la signature de syndicats représentant une majorité de salariés. Il constitue une avancée pour la reconnaissance effective de la négociation collective comme un droit des salariés exercé par les syndicats.

Le gouvernement, par l'entremise de Bertrand, entreprend de transposer cet accord sur la représentativité dans une loi. Le projet de texte est remis aux organisations fin mai. Et là, stupeur! Bertrand et ses amis en ont profité pour glisser dans le textes des dispositions visant à dérèglementer l'organisation du temps de travail, et de supprimer des dispositions protectrices de salariés (certaines datant de 1936!!!).

Près de 70 articles du code du travail se trouveraient ainsi supprimés ou modifiés ! Ainsi, l'extension du forfait jours ou du forfait heures à tous les salariés qui pourraient ainsi travailler 13 heures par jour ou 48 heures par semaine.  Ainsi, cette « 'innovation » spectaculaire consistant à remettre en cause purement et simplement le repos compensateur!

On imagine aisément la fureur des grandes centrales syndicales. Bernées par le pouvoir qui se moque de la démocratie sociale, elles sont également contestées par les syndicats qui avaient refusé de signer l'accord (FO, UNSA). D'où l'appel à la mobilisation contre une droite qui prétend promouvoir la concertation alors qu'elle ne fait qu'organiser la contestation. D'où la manifestation du 17 juin. Nous en serons. 

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21 mai 2008

diversion

Un an après son élection, Sarkozy est à la peine. Déroute aux élections locales, image dégradée, sondages catastrophiques, couacs gouvernementaux à répétitions, tensions dans son propre camp :  à moins de deux mois de la présidence française de l'Union européenne (censée redorer son blason), le président de la république est considérablement affaibli.

Pour restaurer son autorité défaillante, Sarkozy tente le tout pour le tout. Il choisit de passer à la vitesse supérieure et de redoubler en brutalité. D'où les offensives sur le temps de travail, les retraites, l'éducation. A chaque fois, c'est la même stratégie, riche en provocations (voir les récentes déclarations de Devedjan sur la durée légale), obéissant au même objectif : dresser les Français les uns contre les autres. La droite raffole en effet de ce procédé : travailleurs contre chômeurs, salariés du privé contre fonctionnaires, parents contre profs, il faut diviser pour imposer ses vues, agir au nom des uns (qui n'ont parfois rien demandé) pour casser les revendications des autres. 

De ce point de vue, la réaction de l'exécutif au mouvement social des enseignants est exemplaire. Plutôt que de faire semblant de répondre à leurs légitimes inquiétudes (refonte des programmes sans concertation et coupes massives dans le budget de l'éducation nationale avec plus de 10.000 postes supprimés), le gouvernement en appelle à la résistance des familles contre ces salauds de grévistes.

D'où l'opération de la semaine passée, au cours de laquelle les communes ont été sommées de mettre en place un service d'accueil des enfants les jours de grève. Les commentateurs, traquant avec gourmandise la moindre déclaration de parents évidemment gênés par le mouvement, ont passé sous le silence l'énormité de la manoeuvre consistant à demander aux fonctionnaires territoriaux de briser la grève des fonctionnaires d'État! la droite ne recule devant rien! Et persiste, en annonçant, à l'instar de ce qu'elle fit dans le domaine des transports (avec un succès très mitigé), le dépôt d'une loi sur le « service minimum de l'éducation ».

Cette diversion marchera peut être un temps. Pas au delà de la prochaine rentrée scolaire, en tout cas, au cours de laquelle les « usagers » du service public de l'éducation nationale mesureront les conséquences concrètes des réformes de Xavier Darcos

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14 mai 2008

tintin le rouge

Les puissants aiment que les choses soient en ordre. Rien de pire que les incertitudes. Les grands amateurs de la précarité pour le monde du travail détestent par dessus tout la précarité de la vie politique. Ils veulent du solide : un paysage d'une grande fixité, sans risque d'éclatement des frontières. D'où ce rêve longtemps caressé : une gauche durablement coupée en deux. Une fraction non négligeable vouée à la seule contestation, une majorité destinée à la gestion.

Longtemps, la césure entre le PCF et les socialistes a permis la domination de la droite. La stratégie d'union de la gauche, combattu avec une violence inouïe par les « modernes » autoproclamés de l'époque, a fait turbuler le système. Mais celui-ci a des ressources. En témoigne l'instrumentalisation actuelle du très médiatique Olivier Besancenot et de son projet de parti anticapitaliste. N'importe quel socialiste avancerait le quart des propositions (plutôt modérées) du leader de la LCR, il serait immédiatement voué aux gémonies, qualifié d'archaïque, de sectaire, de ringard. Ici, rien de tout cela. Besancenot est jeune (ah, folle jeunesse), frais, neuf, gentil. Ses intentions sont pures, ses coups de gueule salutaires.

Le point d'orgue de cette campagne (autant utiliser le bon mot), ce fut évidemment cette après midi chez Drucker. Cela nous a valu quelques moments de franche rigolade : l'animateur du dimanche  consulte frénétiquement ses fiches pour y vérifier le niveau du SMIC (surtout, éviter de rajouter un zéro!), il s'attendrit devant ces petites gens, pour une fois présentes sur son plateau, qui le regardent peut être chaque semaine mais qu'il croise rarement. Besancenot est un « surdoué », c'est Drucker qui le dit (un avis d'expert).  Mais surtout, Besancenot est sympathique. Et pour cause : il ne veut pas gouverner.

Pour les faiseurs d'opinion et les gardiens du temple bourgeois, c'est sa principale qualité. Gageons que si, par miracle, il affirmait sa volonté de travailler avec toute la gauche pour parvenir aux responsabilités et essayer de transformer la société, il se ferait copieusement insulter. Mais, malin, Tintin le rouge a donné des gages : il hait les socialos et attend sagement la révolution. Tout le monde peut dormir tranquille. D'une pierre deux coups : l'union des gauches étant  impossible, le PS se voit sommer par le club des éditorialistes d'aller chercher des alliés ailleurs. La modernité est au centre. La radicalité n'est acceptable que maniée par ceux qui jurent de ne jamais s'en servir.

Ultime coup de pouce : le pouvoir s'apprête à modifier les modes de scrutin, notamment pour les prochaines régionales : la proportionnelle à un tour, c'est bon pour la dispersion de la gauche.

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26 avril 2008

petite musique

Les socialistes sont appelés à adopter une nouvelle « déclaration de principes », et déjà, les gazettes, pourtant peu férues de doctrines, en font des gorges chaudes. Tous les poncifs journalistiques fleurissent : « enfin, le PS fait son Bad Godesberg », « encore un effort, camarades, pour être vraiment des sociaux démocrates comme vos glorieux amis des autres pays européens », etc...

C'est une leçon pour nous tous : ce qui compte, plus que les textes eux mêmes, c'est l'interprétation des textes. Les commentateurs autorisés ont composé une petite musique, avec la complicité de quelques dirigeants : elle trottera dans la tête de celles et ceux qui ne liront peut-être jamais ladite déclaration mais seront rassurés (ou affligés) d'apprendre que les socialistes « sont réconciliés avec l'économie de marché », qu'ils se sont « convertis à la réforme »!

Et tant pis si ce texte de compromis, sans saveur et sans souffle, est beaucoup plus ambigu qu'il n'y paraît (n'appelle-t-il pas à une « transformation sociale radicale », ce qui, au regard de l'expérience de la gauche au pouvoir, serait déjà pas mal?). Ce qui compte, c'est que, à la faveur de quelques papiers, les désirs des fanatiques du renoncement deviennent réalité.

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27 mars 2008

Good morning kaboul

Les élections municipales et cantonales ont occulté, pendant quelques semaines, des sujets d'une importance capitale. La crise financière, par exemple, d'une ampleur inédite, a, jusqu'à aujourd'hui, fait l'objet d'un traitement trop timide. En matière de politique étrangère, si les yeux des commentateurs sont rivés, à juste titre, sur le Tibet, et, dans une moindre mesure, sur le déplacement du couple présidentiel en Grande Bretagne, les récentes rumeurs, alimentées par le Canard enchaîné et plus récemment par le Times sur un renforcement des troupes françaises en Afghanistan n'ont pas fait l'objet d'une immense publicité. Bernard Kouchner a pourtant lui-même confirmé l'information.

Il s'agit là d'une affaire cruciale. Pendant la campagne présidentielle, le candidat de l'UMP avait déclaré que la présence des troupes françaises dans cette partie du monde n'était pas «décisive», encore moins éternelle. Il semblerait que le chef de l'État s'apprête à tourner casaque. Sarkozy serait en effet décidé à envoyer près de 1000 soldats supplémentaires dans l'Est de l'Afghanistan. La primeur de cette annonce serait réservée au prochain sommet de l'OTAN début avril.

Ce n'est un secret pour personne : Sarkozy a fait du « réchauffement » des relations diplomatiques avec les États Unis la pierre angulaire de sa politique étrangère. Il a multiplié les signes amicaux en direction de l'administration Bush, et accumulé les déclarations sur la nécessaire « rénovation » de l'alliance Atlantique. En septembre 2007, le président français se disait même prêt à rejoindre la structure de commandement militaire de l’OTAN (la France n'y participe plus depuis la décision de  Gaulle en 1966).

L'envoi de troupes en Afghanistan, si il se confirmait, constituerait un nouveau cadeau aux Etats Unis... qui en ont tant besoin aujourd'hui. Embourbés en Irak, les militaires US le sont également chez les afghans. Les talibans, loin d'avoir disparu, reprennent du poil de la bête. Le pays est ravagé, et les promesses de retour rapide à la paix, à la démocratie et à la prospérité, ont fait long feu.  Tous les jours, des soldats de la FIAS (force internationale d'assistance à la sécurité, envoyée par l'ONU) sont blessés ou meurent.  Dans ce contexte, pourquoi faudrait-il renforcer le contingent français, déjà fort de 2000 hommes? Cette question, de nombreux parlementaires, de l'opposition comme de la majorité, rêveraient de la poser. Cela se fait ailleurs. Pas chez nous : rien n'est prévu par le gouvernement, à quelques jours du sommet de l'OTAN.

Il y aurait pourtant beaucoup à dire. Sept ans après l'invasion de l'Afghanistan, comment expliquer en effet que la pays reste à ce point dangereux? Comment expliquer que la situation humanitaire reste à ce point préoccupante après l'injection de plusieurs milliards de dollars? Comment interpréter le retour en force des talibans, chassés en quelques jours en 2001? Avant de prendre la moindre décision exposant la vie des soldats français, il serait bon de prendre le temps de répondre à ces questions. 


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19 mars 2008

Après la victoire de la gauche

La poussée est confirmée, et même amplifiée : les élections du 16 mars ont donné une majorité absolue à la gauche, tant aux municipales qu'aux cantonales. 58 villes de plus de 20.000 habitants gagnées sur la droite (contre 10 perdues), une dizaine de départements : la victoire est incontestable et impressionnante. Une majorité de Français habite désormais dans une commune administrée par la gauche. Pour la droite gouvernementale, ce succès est un avertissement sérieux. Même si le résultat de scrutin de dimanche est aussi lié à des contextes locaux, la dimension protestataire du vote est indéniable. C'est à la fois un style de présidence et une orientation politique qui ont été sanctionnés.

Le niveau exceptionnellement élevé de l'abstention est lié à ce phénomène de rejet : si les habitants des quartiers populaires ne se sont pas rendus massivement aux urnes, comme c'est hélas devenu une habitude (à l'exception notable des élections présidentielles de 2007), certaines villes bourgeoises ont aussi pratiqué la grève du vote à l'occasion des municipales (aux cantonales, la participation est plutôt bonne).  Sarkozy paie pour la crise du politique qu'il a lui même contribué à entretenir depuis son accession au pouvoir.

Pour la gauche, il ne saurait y avoir d'ivresse de la victoire. Nous avons fait l'expérience amère des lendemains qui déchantent et savons qu'un vote sanction contre la droite lors d'élections intermédiaires ne se transforme pas mécaniquement en vote d'adhésion au niveau national. La séquence 2004-2007 est là pour en témoigner. Sachons en tirer les enseignements

D'abord, en évitant le piège de la confusion. Ceux qui expliquaient que l'alliance avec le centre droit était le sésame pour la victoire sont démentis par les faits. La gauche unie n'a pas besoin du MODEM pour gagner (Paris, Rouen), même dans des villes détenues depuis longtemps par la droite (Reims, Toulouse, Laval).  Au mieux, le rapprochement amplifie un peu une victoire attendue (Lille, Dijon). Dans la plupart des cas, il ne crée pas de dynamique ( Marseille, Perpignan). Au pire, les listes PS-MODEM enregistrent des scores inférieurs aux listes de gauche en 2001 et permettent à l'extrême gauche ou aux Verts de réaliser des scores importants (Montpellier, Grenoble). Seuls les cas très atypiques de Brive ou d'Asnières semblent infirmer ce constat. Il faudra certes affiner l'analyse. Mais ce qui est certain, c'est que le PS aurait tort de tourner la tête à droite au moment où il serait bon de regarder à gauche (maintien du PCF,  poids important quoique localisé de l'extrême gauche).

Ensuite, ne laissons pas s'installer l'idée selon laquelle la présence majoritaire de la gauche dans la gestion des collectivités locales constitue un contre pouvoir suffisant à la politique de Fillon. Si les communes, départements et régions peuvent amortir le choc des réformes libérales, seule la conquête du pouvoir central permet de transformer la société. Le socialisme local est utile pour améliorer le quotidien des Français, mais pas suffisant pour changer la vie. 

Enfin, ne croyons pas que l'addition des expériences locales suffise à élaborer un programme de gouvernement. Le débat idéologique, le travail collectif pour faire émerger des grandes orientations politiques sont plus que jamais nécessaires. En ce sens, la « rénovation » du Parti socialiste n'a pas de sens si elle se résume à un changement de statuts et à un alignement sur les institutions de la Vème république. L'enjeu aujourd'hui est stratégique (quelles alliances? quelles méthodes pour mobiliser la société? ), doctrinal (quelles valeurs? quelle vision du monde?) et programmatiques ( quelles réformes? quels objectifs?). Si la discussion,  notamment au PS, se focalise sur le seul choix d'un (e) leader, alors l'échec sera de nouveau au rendez vous. 

Posté par Emmanuel Maurel à 19:03 - Actualité - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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