« Ca va mal finir » : c’est le titre que François Léotard, ancien chantre de la droite libérale française, avait choisi pour expliquer tout le mal que lui inspirait la présidence Sarkozy.  Comme le personnage ne nous est pas franchement sympathique, on avait mis ce mouvement d’humeur sur le compte de l’amertume. Mais force est de constater aujourd’hui que le pronostic de notre Cassandre de Fréjus sonne assez juste au regard de l’actualité récente.

 

Le chef de l’Etat avait prévenu qu’il avait été élu pour « s’occuper de tout ». Il a tenu parole ! Et avec quels résultats ! Un jour, il menace des irlandais réticents à l’égard de son traité simplifié d’une riposte franco-allemande : le « non » l’emporte. Aussitôt, le président s’envole en République tchèque pour convaincre nos amis de l’Est de poursuivre la ratification.  Prague hésite, et la Pologne lui emboîte le pas. Les plus indulgents diront qu’il joue de malchance. Les plus lucides diront qu’il fait tout pour aggraver son cas.

 

Car il n’y a pas qu’en politique extérieure que le président multiplie les faux pas. Le dernier  en date est sérieux. Suite à la tragique fusillade de Carcassonne, le chef des armées avait le devoir de garder son sang froid. Au lieu de cela, Sarkozy, comme toujours, dégaine plus vite que son ombre. Le voilà qui exige des sanctions immédiates, jetant l’opprobre sur tous les militaires, les traitant d’incapables, sans même attendre les résultats de l’enquête en cours.

 

L’armée n’est pas à la fête : la récente publication du livre blanc sur la Défense, qui prévoit plus de 55.000 suppressions d’emplois et la fermeture de garnisons par dizaine, a fait grincer les dents dans les rangs de la Grande Muette (un collectif anonyme a même fait paraître un texte !). Suite au coup de menton présidentiel, le chef d’état major de l’armée de terre a démissionné. Au moment où la France proclame qu’un des objectifs prioritaires de sa présidence de l’Union, c’est la défense, cela fait désordre !