le blog d'Emmanuel Maurel

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26 septembre 2007

faillite?

La droite manque singulièrement d'imagination. Accédant au pouvoir, elle procède toujours de la même façon, en deux temps : dramatisation, sanction.  Après en avoir rajouté des tonnes sur l'état calamiteux du pays, elle annonce un plan de rigueur et tape les ménages au porte monnaie. C'est ce que firent successivement Balladur en 1993, Juppé en 1995, Raffarin en 2002.

La séquence à laquelle nous assistons n'a donc rien de surprenant : Fillon évoque la « faillite » du pays, déclare l'état d'urgence, et ses ministres expliquent en quoi consistent les « sacrifices » demandés aux Français. Cela va de la franchise médicale à la TVA sociale en passant par la suppression des régimes spéciaux de retraite. le tout sur fond de réduction drastique des effectifs de la fonction publique. La rigueur à la sauce libérale, qui s'accompagne toujours d'un rabotage du droit du travail et d'un sabotage de notre modèle social (feu sur les retraites et la sécurité sociale).

L'opposition, encore groggy après la défaite et la politique d'ouverture sarkozienne, doit s'empresser de relever la tête. En pointant d'abord l'incroyable culot de l'exécutif. Qui est responsable de l'état des finances publiques, si ce n'est le gouvernement précédent dans lequel le chef de l'État jouait un rôle essentiel? Et comment expliquer que l'on décrète la « faillite » du pays au moment où le Parlement vient de voter une série d'exonérations fiscales pour les ménages les plus aisés à hauteur de 15 milliards d'euros?

La réponse est dans la question : la droite fait la politique de sa clientèle. Après les généreuses envolées de la campagne électorale, c'est le « retour aux fondamentaux ». A nous d'organiser la riposte.

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17 septembre 2007

abjection

En politique, le pire est toujours possible. Les récentes sorties de Messieurs Mariani et Hortefeux en témoignent. Le gouvernement veut durcir les conditions de regroupement familial pour les immigrés. Jusque là, rien d'étonnant : la droite s'est toujours fixée comme objectif de décourager étrangers de venir en France. Cela aurait pu en rester là : une énième loi sur l'immigration, en attendant la prochaine, plus stricte, plus vexatoire.
Mais le rapporteur et le ministre ont décidé de pousser plus avant.  Voilà qu'ils évoquent la possibilité de propose des tests ADN aux étrangers sollicitant le bénéfice du regroupement familial afin de leur permettre de prouver leur lien de filiation avec un parent résidant en France. Certes, ils s'empressent de préciser que cette procédure serait instaurée à titre "expérimental". Et indiquent que l’État pourrait « rembourser le coût du test si la filiation est bien établie ». Car dans un premier temps, non contents d'instaurer un système ignoble, ils avaient aussi prévu de l'assortir d'une arnaque financière (près de 300 euros le test!).
Il y aurait beaucoup à dire que la conception purement biologique de la famille qu'implique un tel dispositif. Adoption, famille recomposée, etc.. : dans les cerveaux malades des promoteurs de l'amendement ADN, les étrangers ne sont pas concernés par ce genre de subtilités.
Mais il y a  plus abject encore. On croyait les tests ADN réservés à la criminologie et à la recherche scientifique et médicale. Des apprentis sorciers proposent désormais de franchir une étape majeure : l'utilisation à des fins politiques. Comme dans « le meilleur des mondes », comme dans « bienvenue à Gattaca », la génétique participerait du contrôle social. Une fois la brêche ouverte, il n'y a plus de limites. Et l'expérimentation sur les plus vulnérables précède souvent la généralisation à d'autres catégories. Lorsque celles ci se décident à réagir, il est trop tard. Autant que des salauds, Mariani et Hortefeux sont des irresponsables : ils mettent le doigt dans un engrenage infernal.

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10 septembre 2007

un nouveau recul social

C'est un grand classique de la droite dure : la stigmatisation d'une partie de salariés bénéficiaires d'un régime spécial de retraite, c'est l'assurance d'une standing ovation de la part des députés UMP ou des adhérents du MEDEF.  Au nom de l'équité, jeter l'opprobre sur une infime minorité de salariés supposés privilégiés : c'est le moyen qu' a trouvé Fillon pour essayer d'exister.

Sur ce terrain, le premier ministre croit pouvoir compter sur le soutien de la quasi totalité des commentateurs et des responsables politiques : depuis le funeste plan Juppé de 1995, on ne dénombre plus les prises de positions « courageuses » contre ces travailleurs nantis qui ont la chance de pouvoir cotiser un peu moins que les autres. Le matraquage est tel que les syndicats paraissent presque gênés aux entournures pour dénoncer le fond du projet, préférant s'attaquer à la « méthode » gouvernementale.

Pourtant, au delà de la brutalité dont fait preuve l'équipe en place, il y a bien un problème de contenu. Les bénéficiaires des régimes spéciaux ne représentent que 4,6 % du total des retraités et n’en représenteront plus que 1,6 % en 2025. En rognant sur leurs avantages relatifs (notons en effet que, souvent, les bénéficiaires de régimes spéciaux cotisent davantage que les autres), hérités de l'histoire, qui peut croire que l'on contribuera à régler ce qu'il est convenu d'appeler « le problème des retraites ? Pour la droite, il s'agit simplement de pousser son avantage avant la prochaine réforme : l'allongement de la durée de la cotisation (41, 42, voire 43 ans), le recul de l'âge de la retraite (61, 62, 65 ans?), la baisse du pouvoir d’achat par l’indexation des retraites sur les prix au lieu des salaires et l’augmentation des prélèvements(CSG). Le tout sur fond d'encouragement à la capitalisation. Car c'est là le coeur du sujet : Fillon et ses amis n'envisagent pas de faire contribuer le capital à la solidarité nationale, ils préfèreraient au contraire brader une partie de celle-ci à celui là!

Il paraît qu'au sein du Parti socialiste, des gogos se félicitent d'un tel recul. Vous avez dit rénovation?

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07 septembre 2007

rénovation, liquidation?

<p>Après trois défaites consécutives aux présidentielles, le Parti</p>

Après trois défaites consécutives aux présidentielles, le Parti socialiste n’est pas au mieux de sa forme. Fort logiquement, les appels au sursaut fleurissent. Même les plus fervents adeptes de l’immobilisme se sentent obligés de plaider en faveur de la nécessaire « rénovation ». Diantre que ce mot est populaire dans les rangs de la gauche ! Tous l’ont à la bouche. Tous le répètent à l’envi. Tous se rêvent rénovateurs en chef. Point de salut hors de la rénovation !

Il y en a pour tous les goûts. Cosmétique : il faut renouveler les visages des dirigeants, rajeunir les cadres, et le reste suivra. Stratégique : la vieille union de la gauche est dépassée, embrassons le MODEM de Bayrou à pleine bouche. Idéologique : il est temps d’en finir avec les vielles lunes du socialisme, osons le blairisme à la française. Caporaliste : ce sont les courants qui tuent le PS, imitons l’UMP, instaurons enfin le scrutin majoritaire et supprimons les brebis galeuses des sensibilités minoritaires ! Plus une tête qui dépasse et tout est arrangé !

Le tableau est à peine exagéré : si les cerveaux socialistes bouillonnent, la plupart des propositions aujourd’hui mises en avant ne brillent ni par leur originalité, ni par leur nouveauté. L’alliance au centre, par exemple, est une vieille revendication de la gauche du renoncement. De la troisième force à l’ouverture, cette formule a fait la preuve de son inefficacité politique. Elle est mise en œuvre actuellement en Italie, avec le résultat que l’on sait : la gauche sert de marche pied à un leader centriste bon teint, Romano Prodi, qui s’empresse de rassurer les tenants du système économique.   

De la même façon, les néo blairistes qui n’aiment la gauche que lorsqu’elle vire à droite, risquent de déchanter rapidement. Si leurs élucubrations émoustillent une presse très hostile au socialisme, elles ont peu de chance de convaincre les électeurs : d’abord parce que la campagne de Ségolène Royal, pariant sur des thématiques très « social libérales »,  n’a pas été couronnée de succès. Ensuite parce qu’une bonne partie de ces « modernes » ont déjà rejoint les rangs du sarkozysme triomphant.

Pas sûr, donc, que le peuple de gauche plébiscite ceux qui confondent rénovation avec liquidation.

Posté par Emmanuel Maurel à 11:55 - Actualité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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