il n’y a pas eu de surprise. Les candidats de l’UMP et du PS sont en finale. Sarkozy est parvenu à rassembler son camp. Royal a bénéficié à plein du vote « remords du 21 avril ».

 

Nous avons eu notre lot de bonnes nouvelles : la participation atteint un niveau historique, l’extrême droite perd plus de 6 points. Et un sujet de préoccupation : la gauche de la gauche, dévastée par le vote utile, constitue une faible réserve de voix pour le deuxième tour.

 

D’où le cirque actuel autour de Bayrou et de ses électeurs. Le candidat béarnais n’a pas passé le premier tour, mais il est au cœur du deuxième. Pourtant, il n’est pas besoin d’être un politologue aguerri pour constater l’extrême hétérogénéité du vote UDF le 22 avril. Le vote Bayrou, c’est l’auberge espagnole : des démocrates chrétiens, des gaullistes anti-Sarkozy, des socialistes anti-Royal, des protestataires « raisonnables », des gauchistes égarés. Bref, un mélange inédit qui n’a pas besoin de consigne de vote et qui, selon toute vraisemblance, se reportera majoritairement sur Ségolène Royal.

 

Quel besoin alors de faire des risettes à l’UDF ? Il est légitime de s’adresser aux électeurs de Bayrou comme à tous les électeurs du premier tour. Mais de là à engager une discussion programmatique, à évoquer la perspective d’un accord électoral voire l’hypothèse d’un gouvernement avec des ministres UDF, il y a de la marge !

 

Cette « nouvelle alliance » dont raffole évidemment la presse bien pensante, constitue une révision de la ligne constante du PS qui jusque là privilégiait le rassemblement de la gauche. Improviser une révolution stratégique entre les deux tours, dans la précipitation, cela fait désordre.

 

Nous n’avons pas besoin de ça. Pour battre Sarkozy, Royal ne manque pas d’arguments. Il suffit de décrypter inlassablement le programme du candidat de l’UMP, et notamment son volet économique et social. Il reste dix jours.